Levé a 6h40, avec un drôle de petit guili-guili dans le bide... Je ne serais dire si c'est la faim ou l'envie de faire de théâtre... ou la hâte... C'était sûrement un peu de tout cela...
Une fois dans la voiture me menant au grand théâtre qu'est celui de Jean Villard, une peur m'envahit... Ai-je bien ceci ? Ai-je bien cela ? Merde... j'ai rien prit... Ah mais oui, je n'avais rien à prendre... Tout à une explication...
Puis vient l'arrivée au dit théâtre. Alors que je m'approche de ce magnifique portail bleu coulissant, ne voilà pas que je vois Amaury sortant de nul ne sais où (sauf lui) et qui s'enfuit sitôt me voyant.
Chose normale.
Il doit être 8h30, quand à partir du son monotone d'une goutte d'eau allant s'écraser sur une barre de fer, nous commençons à pousser la chansonnette. Enfin... la chansonnette... AC/DC en tout cas... Enfin... nous... je surtout... Quoi qu'il en soit, notre cher Jean-Eud, finit par mettre à partir de son portable un son si mélodieux que nous ne pûmes nous empêcher de danser.
Puis, arriva Lucas avec de nouveaux accessoires pour parfaire son équipement de curé. On se souviendra de ce nez si beau crée à partir d'un moule de celui de Jeremy qui ne tarda pas d'ailleurs a arrivé.
Je ne me souviens plus exactement de l'ordre dans lequel les autres membres de notre modeste troupe sont arrivés... Mais ils sont arrivés ça j'en suis sur.
Il y a eu câlins avec Gaby et lapin avec Jeremy, mais je ne serais dire dans quel ordre... Que voulez vous : l'imperfection des L...
Arriva alors cette fameuse répétition à l'italienne où nos comédiens pleins de fatigues de s'être levé trop tôt énonçaient leur réplique avec une intonation digne des plus grands hommes politiques. Notre chère Mme Calmette a même remarquablement imité Clément et son doublement de personnalité. Mémorable.
Puis... quelle joie de se retrouver de nouveau sur ce magnifique plateau, cette scène. Dans ce lieu plein de souvenirs. J'ai toujours trouvé que même vide, un théâtre dégageait une certaine énergie, comme une aura presque magique. C'est un lieu saint, où l'on devrait retirer son chapeau avant d'entrer. C'est toute une religion le théâtre. Il a ses cultes, ses mots interdis (cordes, bonne chance...), ses légendes, ses mythes, sa bible... Et chacun s'y retrouve. Chacun de manière différente. Ceux qui ne s'y retrouvent pas, et bien que voulez vous, ce sont des athées du théâtre !
Les répétitions on alors commencé en même temps que l'agitation. Il fallait revêtir les costumes, partir à la recherche des équipements perdus. En retournant dans les loges, je ne pus cacher un léger sourire devant les magnifiques miroirs et les ampoules dignes des films américains. C'est l'une des rares fois où j'ai vraiment prit plaisir à m'observer dans la glace. C'est même la seule fois je crois bien...
Enfin, on a pus jouer sous le regard attentif de notre cher metteur en scène reprenant inlassablement chaque détaille méritant d'être corrigé. C'est encore une fois un bonheur que de rentrer dans ces personnages que nous commençons à connaître. C'est comme retrouver un bon ami, un compagnon fidèle.
Le temps de faire le premier filage arrive enfin, après un rapide discourt de Nicola. Le stress monte légèrement chez certain, d'autres haussent simplement les épaules et rigolent de voire leurs amis prenants peurs d'un manquement de stress. Serrages de mains, sourires, le mot « merde » a dû être prononcé quelques fois.
Lucas cris et entre en scène. C'est le signal pour tous ceux qui restent agenouillés derrières les belles palissades en bois. C'est partit. L'heure est venue de prouver ce que nous valons. Les scènes fusent, Nicola ne se permet aucun commentaire, il regarde, observe, prend notes...
Vient alors le moment le plus important de la journée : le repas de midi. Le filage s'est bien passé, nous avons tous eu droit à un petit commentaire de la part de M. DeMetteur-en-scène. Direction : kebab. Pause bien méritée. Encore un petit bonheur de la journée : marcher dans Montpellier vêtu comme jamais je ne l'avais était. Très classe. Les regards des passants croisés s'arrêtes légèrement sur ces tenues vestimentaires originales, puis se rappelant que regarder quelqu'un est aussi mal poli que de montrer du doigt, les regards se détournent.
Commander un simple kebab aurait dû être d'une extrême facilité. Pas quand l'un veux sans oignons, l'autre un mélange 80% mayonnaise et 20% arisa, un sans tomate, et un dernier sans viande. Qu'est ce qu'ils sont chiants ces artistes.
L'heure tourne... enfin, elle avance tout du moins. Les 15h approchent, une petite boule se dresse dans chaque bide. La première véritable présentation va avoir lieu. On se dépêche de se coiffer, de se geler les cheveux, de préparer accessoires et costumes. Notre cher Lucas nous fait un discourt digne des plus grands comédiens suivit d'un jeu... digne de nous, et c'est déjà beaucoup. Un gros merde, puis sans avoir dit ouf, on se retrouve devant le rideau rouge, fermé pour le moment. Les bruits du publique se font entendre, mais combien sont-ils ? Les paroles des comédiens deviennent chuchotement, pour libérer sa voie il faudra attendre d'être sur scène. Que de regards, que de câlins, que de bisous pleins de rouges à lèvres.
Remerde.
On nous présente, le battement du c½ur augmente.
Soudain, chose inattendu : le publique surexcité se met à hurler, à huer, à crier... Le publique voulait nous bouffer. Une grosse vague stressante, d'angoisse et de question envahit l'autre côté du rideau rouge. « Mais qu'est ce que c'est que ces gens qui viennent nous voire ? ».
Le rideau s'ouvre.
Lucas entre en scène...
Scènes après scènes... Tout s'enchaîne.
Petit rire de coulisses quand Lancelot demande combien de pattes possède le dragon. Grand rire, quand un Baptiste enfariné, tente de rejoindre les barrières de bois. On se mord les lèvres et les doigts pendant que notre dragon roule sur le sol, rependant une fumée grise. Le publique aussi rigole, mais lui, c'est pour les trois Pichettes de Picho qui viennent d'envahir l'espace. Il n'est pas si méchant que cela après tout.
Les scènes s'enchaînent.
En coulisse, c'est la panique, le tapis de Lancelot n'est pas encore prêt et déjà les dragons annoncent que les carottes sont cuites. Tout se règle de justesse heureusement, mais se règle.
Puis, arrive les applaudissements.
Grand bonheur, grosse chaleur sous les costumes. « J'ai la tête sous les aisselles » me glisse Amaury entre deux saluts. Le publique nous critique uniquement en bien, mise à part une blonde fougasse qui n'a pas apprécié l'un des comédiens. Ne me demandais pas lequel je ne serais point répondre.
Une longue pause bien mérité prend place pour la plus part d'entre nous. Certains, ou plutôt certaines doivent répéter encore... Navré pour elles.
Avec mon biloute préféré nous chantons le tube de l'été sous la pluie. « Tu vas me manquer... avec tes poissons panés, et ton sanglier. Ta cuisine originale qu'est un peu orientale et médiévale. Artisanal. »
Mais une fois encore, le temps file. Il faut de nouveau se préparer car, nous ne le savons pas encore mais la deuxième représentation sera encore plus forte en émotion. Il est inutile de tout détailler vu la longueur que prend cet article. Je parlerais seulement de verres cassés, de tabourets manquants, de cabanes de bûcherons, de maman à l'hôpital, de robe de chambre mal refermée...
Il n'y a pas de plus belle sensation que celle d'être sur scène, devant un publique, dans les bras d'Olivier ou coude à coude avec Amaury... Il n'y a que peu de chose égalant le bonheur d'être sur scène, de crier, de se transformer, de jouer pour son plaisir et celui des autres... Vive le théâtre...
Avant de clore cet article, j'aimerais vous remerciez, vous tous comédiens de Jean Vilar avec qui j'ai passé une année superbe. Terminale, vous allez me manquer... Tony Montana et autres... C'était vraiment une grande journée dont il me restera de nombreux souvenirs. Quelle joie j'ai eu de passer ces grands moments de théâtres en votre compagnie, avec vous, sur scène et en dehors... Avec mon cher Jean Edwards que je retrouvais avec grand plaisir lors de notre sortie commune, avec le prêtre pervers que Lucas cachait sous sa toge, avec mon bourgmestre jumeau et les coups communs que l'on se donnait, avec le gardien de prison, live for nothing, or die for something, avec une pichette rouge au regard si particulier qui ne comprend pas tout, avec mon lapin du nord qui chante des tubs de l'été dans le TRAM, avec Babe cochon(ne) malgré elle, avec la pichette rose et ses fous rires d'1h30, avec Nico qui casse les verres aussi bien que moi, avec Jésus qui est blanchit par la farine, avec ma secrétaire particulière sado mazo, avec Elodie qui me fait remarquer gentiment que je postillonne quand je parle avant de me traiter de communiste, avec une Mme Mercier a qui il ne manque d'une hache de boucher, avec Junie qui me câline autant qu'elle m'embête et que je l'embête, avec une petite fille qui stress peut être un peu trop, avec Lola qui tient aussi bien l'alcool que Gaby, avec Marine et ses divers accents.
Ce n'est certainement pas là, le meilleur moyen de dire exactement a quel point vous comptez tous pour moi, mais je ne peux hélas prendre le temps de parler de chacun de vous, cela prendrez bien trop de place pour certain(e)... D'autant plus que vous savez ce que je penses de vous...
C'était vraiment une très bonne année de théâtre !
Vive les arts...Vive le théâtre !